Que faire si vous voulez garder la grossesse et que votre copain veut que vous avortiez ? Ce conflit crée peur et isolement. Je nomme votre douleur. Vous trouverez des pistes pour repérer la pression, retrouver votre voix et communiquer sans violence.
Vous repartirez avec deux outils concrets : un exercice pour clarifier votre désir et des phrases prêtes à l’emploi pour poser des limites. Commençons par repérer les formes de pression du partenaire.
Ce qu’il faut retenir
- Repérer la pression du partenaire (ultimatum, chantage affectif, menace, retrait de soutien) et les signes d’impact psychologique.
- Se rappeler que la décision vous appartient; clarifier votre ressenti (phrase guide, recherche d’une oreille neutre).
- Outils pour décider: feuille peurs/motivations, lettre à soi, évaluation des ressources matérielles, sociales et émotionnelles.
- Communiquer sans violence: préparer l’échange, utiliser des phrases en «je», tour de parole, poser des limites et interrompre en cas de chantage.
- Connaître les options et aides: informations médicales/légales, CAF/planning familial/associations, médiation ou soutien psychologique; numéros d’urgence (17/112) et violences (3919).
Comment reconnaître la pression de votre partenaire et ses effets sur vous ?
Ressentir que votre partenaire insiste pour que vous avortiez crée une tension profonde. La pression peut prendre la forme d’ultimatums, de chantage affectif, de menaces de rupture ou d’arguments strictement financiers. Si vous entendez des phrases comme « si tu le gardes, je pars » ou que l’on vous retire un soutien matériel pour vous forcer, reconnaissez cela comme une contrainte et non comme un débat sain. Notez vos réactions corporelles : insomnie, pleurs fréquents, incapacité à réfléchir clairement, peur de parler. Ces signes montrent l’impact psychologique.
Rappelez-vous que la décision finale vous appartient. Écrivez la phrase « je ne veux pas avorter mais mon copain oui » pour clarifier votre ressenti. Cela aide à distinguer ce qui vient de vous et ce qui vient de son influence. Cherchez une oreille neutre pour valider votre expérience et éviter d’agir sous pression.
Comment écouter votre voix intérieure et prendre une décision ?
Avant toute action, recentrez-vous. Prenez du temps, calmez le tumulte émotionnel et testez votre décision à froid. Voici des pistes pratiques pour clarifier ce que vous voulez réellement, évaluer vos ressources et trouver des récits qui vous soulagent.
Exercices pratiques pour clarifier vos sentiments, vos valeurs et vos priorités
Faites l’exercice de la feuille partagée : d’un côté notez vos peurs, de l’autre ce qui vous motive à garder la grossesse. Lisez à voix haute vos notes après 24 heures. Respirez profondément avant de répondre à qui que ce soit. Écrivez une lettre à vous-même comme si vous deviez expliquer votre choix dans un an. Cela révèle souvent la cohérence intérieure.
Évaluer vos ressources matérielles, sociales et émotionnelles
Listez vos ressources : revenus, réseau familial, amis, aides possibles, emploi, logement. Contactez la CAF, le planning familial ou une assistante sociale pour obtenir des informations concrètes sur les aides. Pensez aussi au soutien psychologique : un suivi ponctuel aide à tenir une décision si le couple se fragilise.
Témoignages anonymes et retours d’expérience pour se sentir moins seule
Écoutez des témoignages anonymes dans des forums ou auprès d’associations spécialisées. Cherchez des récits où la femme a gardé l’enfant malgré l’opposition et d’autres où elle a choisi l’IVG après réflexion. Comparez ces vécus sans les prendre comme prescription. Leur but : réduire l’isolement et nourrir votre choix.
Comment parler à votre copain, exprimer votre choix et poser des limites ?
Préparez l’échange pour éviter l’escalade. Choisissez un moment calme, annoncez que vous voulez parler sans juger, puis dites clairement votre position. Exprimez ce que vous ressentez avec des phrases en « je » et posez vos limites si la pression reprend.
Techniques pour ouvrir le dialogue sans se laisser culpabiliser ni manipuler
Proposez un tour de parole : chacun expose ses craintes deux minutes sans interruption. Reformulez son propos pour montrer que vous avez entendu, puis répondez. Fixez une durée pour la discussion et faites des pauses si l’émotion monte. Si la discussion devient un chantage, interrompez-la.
Que faire face à un ultimatum, un chantage ou des menaces ?
Ne cédez pas sous la menace. Sécurisez-vous : confiez vos proches, documentez les propos si besoin, et mettez de la distance si nécessaire. Rappelez-lui calmement que personne ne peut vous contraindre à avorter. Si vous subissez des violences verbales ou physiques, contactez les urgences ou des structures d’aide.
Recours à un tiers : médiation, accompagnement psychologique et ressources d’aide (associations, services sociaux)
Proposez la médiation par un professionnel ou demandez un entretien au planning familial ensemble. Sollicitez un psychologue pour vous aider à tenir votre choix. Contactez des associations locales qui offrent écoute, accompagnement pratique et orientation vers des aides financières ou d’hébergement.
Quelles sont vos options (garder l’enfant, avorter, adoption) et où trouver de l’aide ?
Évaluez chaque option sur le plan médical, légal et pratique. En France, l’IVG est un droit, mais il n’est pas une obligation. Vous pouvez garder l’enfant seule ou avec le coparent si un accord se construit, ou envisager l’adoption. Cherchez des informations médicales fiables et des conseils juridiques si vous anticipez des conflits.
Options médicales et légales selon le délai de grossesse
Renseignez-vous rapidement sur les délais légaux d’IVG et les procédures médicales. Consultez une sage-femme ou un gynécologue pour obtenir un bilan neutre et des options adaptées. Conservez tous les documents médicaux et demandez des explications claires sur chaque démarche.
Aide financière, logement et soutien social si vous choisissez de garder l’enfant
Contactez la CAF, le service social de votre commune, et le planning familial pour connaître les aides possibles : allocations, logement, crèches et accompagnement pour parent isolé. Demandez un bilan des droits et une aide pour monter un dossier si nécessaire.
Centres de planning familial, associations et numéros utiles pour obtenir de l’aide
Appelez le planning familial pour un entretien confidentiel. En cas de danger immédiat, composez le 17 ou le 112. Pour violences, contactez le 3919. Cherchez les associations locales qui accompagnent les grossesses non désirées pour obtenir écoute, hébergement temporaire et orientation administrative.



